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ARCHIVES GÉNÉRALES GUACIMAL


Nos Déclarations

Correspondance

  • Lettre de Cointreau à Batay Ouvriye, 17 janv. 2002
  • Correspondance Déc. 2001 à Cointreau et Guacimal SA
  • Réponse Cointreau des deux syndicats l
  • Rétractation Maison Cointreau l
  • Réponse à Cointreau, 29 Nov. 2000

Documents du Syndicat

  • Intervention No. 3 SOGS - Liste Revendications
  • Intervention No. 4 du SOGS (10 mars 2001) (Créole)- Position du Syndicat (qui a reçu son attestation, après huit mois d'attente) sur la discrimination opérée dans la distribution des terres.
  • Appel à la Mobilisation du Syndicat (10 avril 2001) (Créole)
  • Revendication des Ouvriers de Guacimal Madeline (10 avr. 2000, reprise interv. no. 3 29 août 2000)
  • Appel initial Guacimal, Oct. 2000
  • Le Point Guacimal, 22 Nov. 2000 ("Menaces Physiques contre les Ouvriers Syndiqués")
  • Syndicat des Ouvriers de Guacimal Madeline, Présentation (inclus photos) Juin 2000
  • Première intervention du Syndicat des Ouvriers de Guacimal St Raphael (22 Nov. 2000

Album photo

  • Conditions de travail à l'usine de Madeline
  • La Plantation
  • Jugement de syndicalistes illégalement arrêtés
  • Piquet de protestation

Solidarité Internationale

  • Haïti Support Group
  • Réseau Solidarité
  • CISL
  • Amnesty International
  • Solidarnosc
  • COSATU
  • Glatuc

Presse

  • Haïti Progrès
  • Haïti en Marche
  • One World
  • Réponse au Haïti Presse Network

Appels

Autres Dossiers Pertinents

  • « Enpinite Patwon » (Créole)

Appel n°250

du 20 juin au 30 juillet 2002

Haïti: du sang dans les plantations

Depuis plusieurs mois, Batay Ouvriyé alertait les autorités haïtiennes. Les tensions étaient telles à la plantation d'oranges amères Guacimal, qu'elles risquaient d'aboutir à des violences. La dernière mobilisation des ouvriers-paysans pour le droit d'exploiter les terres a tourné au drame. Deux paysans de Saint Michel, venus exprimer leur solidarité à leurs amis de Saint-Raphaël sont morts, tués à coups de machettes. Plusieurs manifestants ont été interpellés et sont encore détenus à Port-au-Prince sans qu'aucune charge précise ne leur ait été signifiée. Deux journalistes, témoins des événements ont également été arrêtés, blessés et détenus plusieurs jours. Pendant ce temps, les meurtriers des deux paysans et leurs commanditaires ne sont pas inquiétés. LePrésident Aristidedoit absolument intervenir pour faire toute la lumière sur cette affaire et pour mettre fin à l'impunité et au chaos qui règne aujourd'hui en Haïti.

Depuis le lancement des activités de la plantation Guacimal(1), il y a plus d'un demi-siècle, il est de coutume que, durant l'intersaison, les paysans puissent cultiver la terre pour se nourrir. Pourtant cet usage est remis en question par les dirigeants actuels de la plantation.

Le lundi 27 mai 2002, une délégation de paysans se dirige donc vers la plantation pour préparer des lopins de terre. En raison des pluies il devient en effet urgent de commencer les semailles. Une réunion est prévue sur place avec environ 200 paysans pour procéder à un partage de l'espace à travailler. Des représentants de Batay Ouvriyè, originaires de St Michel de l'Attalaye et de Cap Haïtien(2), ont rejoint les paysans de Saint-Raphaël pour appuyer leurs revendications. Les militants sont accompagnés de deux journalistes : Darwin St Julien d'Haïti Progrès et Allan Deshommes de Radio Atlantique.

La mobilisation tourne au drame

A peine arrivés sur place, paysans, syndicalistes et journalistes sont soudainement attaqués par des hommes munis d'armes diverses. Les agresseurs sont des élus locaux, des hommes de main d'un grand propriétaire et des gardiens de la plantation. Une partie du groupe se défend avec ce qu'il trouve sous la main, l'autre s'enfuit. Plusieurs personnes sont grièvement blessées. Deux personnes âgées, de Saint-Michel de l'Attalaye, se cachent dans une maisonnette. Les agresseurs les trouvent, les tuent à coup de machettes et les décapitent. Leurs corps sont transportés dans la plantation et jetés dans un trou, sans doute pour accréditer l'idée qu'ils ont été surpris sur la plantation et qu'il s'agissait de voleurs de terres.

La police arrive quelque temps plus tard et arrête plusieurs manifestants et les deux journalistes. Le maire de Saint-Raphaël les qualifie de "terroristes". Pourtant, aucune accusation légale n'a été portée contre eux.

Le 29 mai, la police nationale envoie un hélicoptère pour emmener les détenus. Dans un premier temps, les autorités de Saint-Raphaël refusent de les laisser partir. Ils sont néanmoins transportés et incarcérés au pénitencier national de Port-au-Prince. Pendant plusieurs jours, le sort des journalistes inquiète toute la presse haïtienne et les organisations internationales : un des journalistes risque de perdre un oeil s'il n'est pas correctement soigné et l'autre souffre d'évanouissements qui seraient provoqués par des traumatismes crâniens.

Le 8 juin les journalistes sont enfin libérés, mais 7 hommes et 2 femmes restent en détention illégale. Le 13 juin, plus de quarante organisations haïtiennes signent un texte commun réclamant la libération des personnes incarcérées et la création d'une commission mixte et indépendante pour enquêter sur les événements sanglants du 27 mai 2002.

Rien ne va plus sur la plantation

La tension n'avait fait que s'accroître à Saint Raphaël depuis qu'un syndicat avait déclaré officiellement sa création en septembre 2000. En mars 2001, le syndicat reçoit enfin sa reconnaissance officielle de la part du Ministère du Travail, mais la négociation avec la direction de la plantation n'avance pas pour autant.

Des campagnes internationales se développent pour soutenir les revendications du syndicat. A deux reprises, le 23 octobre 2000 et le 20 décembre 2001, Réseau-Solidarité se mobilise et interpelle la société Cointreau à qui est destinée la production de la plantation. Après avoir affirmé avoir "à coeur de respecter les principes humains fondamentaux", la société annonce son retrait de la plantation. Elle renonce à assumer ses responsabilités et par la même, à appuyer réellement un processus de négociation comme elle pourrait le faire. C'est un coup dur pour Batay Ouvriyé qui avait pourtant rencontré des représentants de Cointreau à Paris pour tenter de faire avancer ce dossier.

Un climat de violence règne à Saint Raphaël. Dès le mois de juillet 2001, Batay Ouvriyé écrit aux ministres du travail et de la justice d'Haïti. Le syndicat met en garde les autorités et leur demande d'intervenir pour "anticiper un bain de sang" qui se prépare. En mars 2002, des arbres sont arrachés dans la plantation. Le syndicat est accusé, ses responsables sont inquiétés(3). Au mois d'avril 2002, le curé de Saint Raphaël, à qui les propriétaires de la plantation ont confié la gestion des terres, tient plusieurs réunions. Il annonce que les anciens travailleurs de la plantation n'auront plus le droit, ni de travailler les terres, ni d'être les prochains ouvriers de la future cueillette d'oranges amères.

Au mois de mai, les paysans se concertent et décident d'organiser une marche vers la plantation. Mais, sur place, un comité d'accueil les attend et la manifestation tourne au drame.

De nombreuses organisations de défense des Droits de l'Homme se sont déjà fortement inquiétées de la manière dont se sont déroulés les événements, des circonstances de la mort des deux victimes et du sort réservé aux personnes qui restent incarcérées à la prison de Port au Prince (voir encadré).

Une mobilisation indispensable

Pour l'heure, aucune charge précise ne pèse sur les militants emprisonnés alors que les assassins des deux personnes de Saint Michel courent toujours et qu'aucune investigation n'a été entreprise pour les retrouver.

Réseau-Solidarité suit depuis plusieurs années les événements dans la plantation Guacimal et les efforts de Batay Ouvriyé pour parvenir à une solution négociée et éviter les affrontements sanglants. Dans cette affaire, tous les interlocuteurs à qui nous nous sommes adressés ont refusé de prendre et de reconnaître leurs responsabilités. 'est vers la plus haute autorité de l'État haïtien que nous nous tournons maintenant pour obtenir les réponses aux questions qui sont posées.

Réactions aux événements de Saint-Raphaël

  • La Plate-forme des Organismes Haïtiens de Défense des Droits Humains (POHDH) et la Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) ont appelé le 4 juin à la mise sur pied d'une Commission d'enquête indépendante afin de faire la lumière sur ces incidents.
  • Toute la lumière doit être faite sur les motifs de ces arrestations et la situation des journalistes doit être régularisée dans les plus brefs délais", déclare Robert Ménard, Secrétaire Général de l'organisation internationale de défense des journalistes, Reporters Sans Frontières.
  • Ces nouveaux actes arbitraires renforcent “l'inquiétude et l'indignation des citoyens face aux abus répétés commis par les autorités de ce pays qui semblent affectées de surdité devant les protestations et les rapports des organisations des droits humains, nationaux et internationaux”, écrit dans un communiqué le Centre œcuménique des Droits Humains (COEDH).
  • La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR) révèle que les démarches entreprises pour visiter les prisonniers ont été vaines.

(1) Voir les appels 228 (Haïti : Cointreau Amer du 23 octobre 2000) et 242 (Haïti : Cointreau toujours amer du 20 décembre 2001)

(2) Des représentants de Réseau-Solidarité s'étaient rendus au Cap et à Saint Michel pour y rencontrer Batay Ouvriyé en juillet 1999

(3) Au mois de mai 2002, le propriétaire de la plantation reconnaît que les orangers cassés ne l'ont pas été à l'initiative du syndicat.

Ecrivez !

* Affranchir à 0,75 € (4,90 FRF)

M. Jean Bertrand Aristide

Président

Palais National

PORT AU PRINCE - HAÏTI

Fax : 00 509 228 23 19

Courrier : palaisnational_jp@yahoo.com

TEXTE PROPOSé (nous vous suggérons ce texte à titre indicatif, vous pouvez l‘adapter à votre propre style)

Monsieur le Président,

J'ai été informé(e) par Réseau-Solidarité (10, quai de Richemont 35000 RENNES France) des graves événements qui se sont déroulés à Saint-Raphaël au cours desquels deux personnes ont été assassinées.

7 hommes et 2 femmes sont aujourd'hui emprisonnés au Pénitencier national et au Fort National de Port au Prince sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre elles. Pendant ce temps, les responsables des meurtres perpétrés le 27 mai courent toujours.

Je vous demande avec insistance :

- de faire immédiatement libérer les personnes détenues arbitrairement.

- de nommer une commission d'enquête indépendante qui fasse toute la lumière sur les événements du 27 mai et sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les interpellations et incarcérations des personnes détenues.

- de rechercher activement les meurtriers des victimes et leurs commanditaires afin de les faire traduire en justice.

(signature)

* Vous pouvez également écrire à l'ambassade d'Haïti en France (affranchir à 0,46 € - 4,90 FF)

Ambassade d'Haïti

10 rue Théodule Ribot

75017 PARIS

Fax : 01 42 27 02 05

Yannick Etienne, qui avait représenté Batay Ouvriyé au Forum de Réseau-Solidarité a souligné que la répression se poursuit à Saint Raphaël. Des maisons ont été incendiées, des militants à nouveau menacés.

Yannick nous a lancé un appel à l'aide. L'équipe exécutive de Réseau-Solidarité a exceptionnellement décidé d'y répondre en faisant un versement financier immédiat de 1500 €. Vous pouvez vous y associer si vous le souhaitez.

Pour suivre la situation dans les plantations :

www.ifrance.com/syndicats-bo-haiti

PARTICIPEZ A NOS ACTIONS

Si c'est la première fois que vous participez à un appel et que ce genre de démarche vous intéresse veuillez retourner ce talon à :

Réseau Solidarité 10, quai de Richemont 35000 RENNES

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