Madame,
Nos syndicats vous remercient pour votre réponse à notre récent courier.
Il nous semble, pourtant, que notre émotion a été encore plus grande que la votre à sa lecture. Car : comment comprendre que « les informations qui étaient jusqu'à présent à (votre) disposition » ne correspondent pas à la situation que nous vous avons décrite, alors qu'en deux fois des représentants officiels de Cointreau ont été dépêchés sur les lieux pour investiguer la situation (la première fois sans nous rencontrer, comme nous avions démenti l'affirmation fallacieuse sur le champs, et la deuxième fois après s'être longuement entretenu avec nos représentants de l'usine de Madeline, ceux de St. Raphaël ayant été exclus par les machinations usuelles des messieurs Zéphir ?)
Comment comprendre votre étonnement alors que nous, de Madeline, avons pris tout notre temps pour expliquer à votre délégué expédié à cet effet, M. Morineau, la grande précarité dans laquelle nous tous vivons et travaillons, ainsi que les menaces et intimidations qui nous sont faites régulièrement ?
Il demeure, Madame, que nos deux syndicats comptent sur la parole de votre représentant, M. Morineau, pour que nos légitimes revendications salariales soient satisfaites dans le meilleur délai. Rappelez-vous : malgré notre insistance pour que M. Morineau revienne personnellement traiter de cette question à l'ouverture de la prochaine saison, celui-ci s'abstenait, prétextant des devoirs de représentation à l'échelle mondiale. Il avait néanmoins soutenu que cette question de salaires serait correctement résolue. Nous espérons donc que diligence y sera prêtée.
Veuillez recevoir, en pièces jointes, nos listes de revendications de l'année 2000 pour les deux syndicats. Il nous paraît évident que les salaires revendiqués devraient encore être ajustés, vu que cette année les prix des unités de riz et de sucre, par exemple, sont passés de 5 à 8 gourdes et de 5,5 à 10 gourdes, respectivement.
Nous profitons également de l'occasion pour vous informer des derniers méfaits de vos gérants qui ont fait labourer les terres à peine plantées d'un de nos membres pour l'intersaison, éliminant de la sorte ses seules ressources affectées à la rentrée scolaire. Notre intervention syndicale à ce sujet vous sera envoyée par le prochain courrier; nous vous remercions de vous la faire traduire.
Salutations,
Pour le Syndicat des Ouvriers de Guacimal Madeline : Elimène Micheline Toussaint
Pour le Syndicat des Ouvriers de Guacimal St. Raphael : Sintès Estime