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DÉCLARATION No. 3 SUR LES EVENEMENTS DE GUACIMAL LE 27 MAI 2002
Au nom de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE qui fonctionne légalement dans le pays, nous saluons tous les journalistes qui sont venus participer avec nous à cette conférence de presse. Nous profitons de l’occasion pour les remercier aussi de la couverture qu’ils ont donné aux événements survenus le lundi 27 mai 2002 et tout ce qui découlait de ces événements. Nous remercions particulièrement les journalistes du Nord qui ont réalisé et continuent à réaliser un gros travail dans ce sens. Notre conférence de presse aujourd’hui est une occasion pour nous de BATAY OUVRIYE, nous de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE, de remercier publiquement tous les amis-camarades qui se sont érigés d’une façon ou d’une autre pour porter apui aux travailleurs, particulièrement les travailleurs emprisonnés.
Comme nous le savons tous, divers travailleurs, ensemble avec deux journalistes, ont subi et continuent à subir l’arbitraire de l’Etat, particulièrement le pouvoir exécutif qui a pris ce dossier entre ces mains. Les arrestations illégales ont eu lieu et les détentions illégales se poursuivent. Le blocage de la justice continue. Nous, de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE, avons déjà fait circuler deux déclarations pour faire connaître notre position. Plusieurs conférences de presse ont été tenues pour dénoncer ces actes posés contre nous. Plusieurs organisations ont pris position publiquement. Malgré tout, il est nécessaire de continuer a prendre position. Li reste nécessaire de continuer à lutter. Pour nous, la conférence de presse d’aujourd’hui s’insère dans ce contexte.
OÙ EN SOMMES-NOUS ?
Comme nous le savons, il y a eu arrestations et détentions illégales, sans dossier (même quant ils essaient d’en forger un), nos camarades ont été arrêtés sans passer devant leur juges naturels, sous prétexte de flagrant délit. Pendant ce temps, les vrais assaillants, ceux qui ont découpé nos camarades à la machette, les vrais assassins s’étalent au vu et au su de tous, sous la protection de l’Etat. Parallèlement, la répression continue. La terreur s’étale davantage. Après l’attaque que nous avons subi à Guacimal le 27 mai, les forces réactionnaires ont incendié les maisons des membres syndiqués et ont pris des mesures pour en brûler d’autres encore. La justice pourrie, sous l’ordre de l’Exécutif, a tenté de faire émettre des mandats contre plusieurs camarades dans un premier temps. Actuellement, ils ont activé ces mandats. Et la police est déjà passer chez plusieurs membres du syndicat de Guacimal. Dix-neuf camarades risquent l’arrestation. Et on sait ce que cela signifie.
Avec l’intervention directe de l’Exécutif, le processus juridique confronte d’énormes difficultés pour avancer. Nous pouvons même parler d’un effort engagé pour le bloquer. Divers responsables de la Justice ont montré qu’il ne s’agit pas un dossier léger ( !), ils ne peuvent s’y immiscer ( !!). Le Pénitencier refuse d’octroyer un certificat attestant depuis quand nos camarades sont incarcérés. Soit-disant, ils n’en auraient pas reçu l’ordre. Ça, c’est une forme prise adoptée par le blocage. Tout cela, d’un côté. Et nous pouvons affirmer que l’attaque que nous avons subi à Guacimal nous a permis de constater une chose : c’est l’unité entre propriétaires fonciers / bourgeois (particulièrement les bourgeois du Nord) et l’ETAT (donc, le gouvernement, parlement, appareil judiciaire, sans compter la police). Nous voyons donc clairement qui est en face des travailleurs et qui restera en face des travailleurs.
Mais, d’un autre côté, cette attaque nous dévoile une très large SOLIDARITÉ à l’intérieur du pays, comme à l’étranger. Nous, de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE, nous saluons cette solidarité e nous pensons qu’il s’agit d’un signe important : nous rentrons dans une époque où il faut que les cartes soient rebattues sur la base des leçons apprises par le camp du peuple à travers toutes les expériences faites de 1986 à aujourd’hui. Tous les travailleurs, tous les progressistes doivent être clairs sur cela, en particulier ceux qui ont été s’embrigader derrière toutes sortes de politiciens vendeurs de pays (comme dans la question des zones franches), ou qui continuent à semer la terreur comme cela se fait depuis ’86 jusqu’à Guacimal, ou encore ceux qui font et organisent la répression contre les travailleurs avec force mensonges. Les progressistes, les travailleurs qui s’embrigadent derrière des politiciens qui attendent leur tour pour aller continuer à faire ce même genre d’action, tels ceux de la soi-disante opposition, doivent être clairs sur cela aussi.
NOUS DÉNONÇONS
Nous, de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE, dénonçons la répression terreur imposée par le régime en place sur les travailleurs. Nous dénonçons le rôle joué par le régime dans le fait que les droits des travailleurs soient foulés au pied par les propriétaires fonciers et les bourgeois et que la loi ne protège qu’eux, tout en reconnaissant que ces lois sont fondamentalement dans leurs intérêts.
Nous faisons appel à tous les travailleurs, progressistes et réelles forces populaires pour qu’elles ramassent le force pour avancer dans l’unité dans leur sein pendant qu’elles avancent dans leur lutte, sous tomber dans aucune unité forcée, trop rapide, sans principe e qui ne durait pas un jour.
Mais, comme nous le savons aussi, répression et terreur s’accompagnent toujours de tromperies idéologiques. Les médias d’Etat qui, en fait, sont les médias du gouvernement, jouent un gros rôle dans cela. Nous pouvons prendre l’exemple de la Télévision Nationale d’Haïti et du quotidien l’UNION, en particulier, avec leurs soi-disant rapports reportages unilatéraux, sous la direction de l’Exécutif. Nous savons que cela est normal. Ils révèlent leur vrai rôle depuis longtemps : servir le gouvernement, servir les classes dominantes. Pour nous, les médias d’Etat sont des appareils servant à faciliter et renforcer la domination des réactionnaires. Là aussi, nous de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE les dénonçons. Certains médias privés jouent un rôle relativement similaire, même s’ils sont parfois moins grossiers. Ils ne nous étonnent pas. Eux aussi, on les dénonce.
Comme nous l’avions dit dans la déclaration commune, nous demandons la LIBÉRATION DE TOUS NOS CAMARADES EMPRISONNÉS SANS CONDITIONS. Nous luttons pour qu’ils obtiennent réparations. Nous luttons pour que les vrais assassins, les véritables bourreaux, les vrais assassins avec leurs commanditaires obtiennent ce que la justice devrait leur assigner. Avec la justice pourrie, nous sommes conscients que cela sera très difficile : L’IMPUNITÉ, PARTICULIÈREMENT L’IMPUNITÉ PATRONALE, EST LA LOI FONDAMENTALE DE CE PAYS.
Nous dénonçons et nous luttons pour contrecarrer l’augmentation de la répression : les mandats sur la base de faux dossiers ne passerons pas ! Nous dénonçons et luttons pour contrecarrer les pratiques d’incendie. Cette pratique prend une ampleur très sérieuse actuellement. Nous de l’INTERSYNDICALE PREMIER MAI / BATAY OUVRIYE, avons eu les maisons de nos camarades de la Gonave, du Nord-Ouest et de divers autres endroits incendiées durant l’année qui vient de s’écouler. Ils ont diversement saccagé nombreux de nos membres, rentrant chez leurs familles, les battant. Tout simplement parce que, dans tous ces endroits, les travailleurs revendiquaient leurs droits, leurs droits légaux ! Nous dénonçons toutes ces formes qui constituent la même répression-terreur qui avait lieu sous les régimes militaires de Namphy/Avril/Cédras… qui est une répression-terreur toujours fondamentalement dans l’intérêt des classes dominantes et contre les travailleurs et qui continue aujourd’hui sous la direction Lavalas.
Nous sommes conscients et avons l’habitude de dire clairement : les classes dominantes n’ont pas de solution face à la crise qui dévore le pays. Leurs représentants, tant ceux à la tête de l’Etat que leurs frères siamois qui leur disputent cette direction, n’ont pas de solution. Face aux travailleurs, lavalas révèle son vrai visage.
Le moment est difficile mais, ensemble avec nos amis-camarades du Camp du Peuple, nous menons la LUTTE car, qu’on le veuille ou non, la lutte des travailleurs doit avancer et demeure notre boussole.
À BAS LA REPRESSION-TERREUR !
LIBÉRATION DES PRISONNIERS DE GUACIMAL SANS CONDITION !
VIVE LA LUTTE DES TRAVAILLEURS !
VIVE LA SOLIDARITÉ DANS LE CAMP DU PEUPLE !
VIV LA LUTTE DU CAMP DU PEUPLE !
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