Mme Dominique Hériard Dubreuil
Présidente
Société Rémy-Cointreau
152, avenue des Champs-Elysées
F 75008 Paris
ro/pdm/0308 Genève, le 21 février 2002
Objet: Situation en Haïti
Madame la Présidente,
Nous faisons suite à nos courriers du 1er novembre 2000 et 14 juin 2001 concernant la situation dans l’entreprise Guacimal à Haïti.
Selon nos informations, la situation reste préoccupante, notamment du fait d’actions violentes perpétrées contre des syndicalistes par des personnes apparemment proches de la direction de la plantation. Celle-ci se refuse toujours à considérer les demandes des ouvriers et ouvrières concernant l’amélioration des conditions de travail et des salaires et à ouvrir des négociations de bonne foi avec le syndicat reconnu Bataye Ouvriyé.
Nous n’ignorons pas que Rémy Cointreau n’est qu’un actionnaire minoritaire de Guacimal. Nous considérons toutefois que votre société a une responsabilité particulière dans ce qui se passe à Guacimal dans la mesure où Rémy Cointreau en est aussi le principal client et où une partie des profits réalisés par votre groupe est généré par les relations que vous entretenez avec la société haïtienne.
Nous avons considéré la rencontre entre Yannick Etienne et Monsieur Charriaud comme une démarche intéressante susceptible de produire des résultats positifs. Nous constatons malheureusement que les propositions constructives avancées par Bataye Ouvriyé n’ont pas été reprises ni suivies d’effet.
Il est regrettable que vous persistiez à laisser accoler le nom d’une société prestigieuse et respectable comme Rémy Cointreau à celui d’une entreprise haïtienne qui a choisi de pratiquer un système de relations sociales attentatoire à la dignité humaine et aux besoins fondamentaux des ouvriers et ouvrières de la plantation. A terme, ce choix ne peut qu’avoir des répercussions négatives sur l’image de votre société, et donc sur ses résultats.
Nous vous demandons instamment de considérer toutes les options qui permettent de mettre fin aux difficultés des travailleuses et travailleurs de Guacimal. Votre société a les moyens d’intervenir directement dans ce conflit pour en faciliter la solution. Ne pas le faire, ou continuer à nier la responsabilité directe de Rémy Cointreau dans les affaires de Guacimal résulterait d’un choix politique regrettable et dommageable sur le long terme au groupe.
Nous ne doutons pas que vous utiliserez tous les moyens et toute votre influence pour définir des voies de résolution du conflit satisfaisantes pour les deux parties.
Veuillez agréer, Madame la Présidente, l’expression de notre considération distinguée.
Ron Oswald
Secrétaire général