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SYNDICAT DES OUVRIERS DE GUACIMAL MADELINE S.O.G.M.
NOS REVENDICATIONS
Nous, ouvriers et ouvrières de Guacimal Madeline qui préparons la matière première de la liqueur renommée COINTREAU, après nous être regroupé en syndicat pour la défense de nos droits légaux, les patrons nous ont demandé nos revendications.
Premièrement: nous disons: le CODE DU TRAVAIL stipule clairement les conditions de travail des ouvriers dans ce pays. Tous les patrons sont tenus de s’y conformer et n’ont pas le droit de l’ignorer. Nous ne sommes donc aucunement tenus de répéter ses dispositions concernant les conditions de travail dans ce pays. TOUTES LES CONDITIONS STIPULÉES AU CODE DU TRAVAIL: VOILÀ CE QUE NOUS REVENDIQUONS.
Deuxièmement: Mssrs. Jacques Novella, Nonce et Daniel Zéphir dirigent un bon nombre d’établissements. Dès 1996, des revendications fusaient de tous ces établissements, faisant valoir le MINIMUM de conditions nécessaires au travail. Au fur et à mesure que se développaient ces luttes, les patrons auraient du automatiquement généraliser les solutions adoptées. Pourtant, non : ils nous forçaient à mettre sur pied notre propre syndicat pour leur démontrer qu’en tant qu’ouvriers aussi, nous devons avoir les possibilités de VIVRE comme tous les autres ouvriers. Nous disons : NOUS DEVONS BÉNÉFICIER DES CONDITIONS DE TRAVAIL NORMALES ACQUISES PAR TOUS LES AUTRES OUVRIERS DES AUTRES ENTREPRISES DIRIGÉES PAR CES MESSIEURS NOVELLA ET ZÉPHIR.
Concernant l’usine où nous travaillons directement, nous rappelons/ajoutons quelques points:
1. Nous tous qui travaillons à l’usine devons toucher clairement 20 GOURDES ou 80 centimes de dollar américain par caisse d’oranges traitées. Cette question de 2 gourdes 75, NOUS N’EN POUVONS PLUS! NOUS MOURRONS!
2. Il faut mettre fin à toute discrimination dans l’établissement, afin que tous les travailleurs bénéficient du même statut d’ouvrier dans la boite et puissent toucher le même montant, correctement, selon la loi!
3. Les travailleurs préposés au transport doivent toucher 200 gourdes par voyage, donc 100 gourdes à l’embarquement et 100 gourdes au débarquement. Lors de pannes mécaniques et qu’ils doivent dormir dans les campagnes, ils doivent toucher une compensation.
4. La cour de l’usine devrait être recouverte pour protéger les travailleurs soleil et de la pluie. Nous demandons des sièges corrects pour pouvoir nous asseoir dans la cour, et la construction d’une salle de repos, d’un réfectoire et d’un dispensaire/salle de premiers soins à notre intention. Les douches doivent être réparées/arrangées et en bon état de fonctionnement, les toilettes propres et régulièrement nettoyées, la cour et l’usine doivent être en bon état pour que l’odeur des oranges mures ne nous indispose pas et pour que leur jus ne nous fasse pas glisser. L’usine doit être éclairée et ventilée grâce à des lumières et ventilateurs.
5. Nous disions qu’il nous fallait une eau fraîche et potable, la direction nous interrogeait à ce sujet. Nous répondions que l’eau fraîche, nous ne pouvions plus l’obtenir depuis que ce superviseur arrogant dénommé Philippe ai saisi le réfrigérateur pour l’installer dans son bureau. Depuis lors, à chaque fois que nous sollicitons un peu d’eau, il nous insulte: “ah ! vous sentez l’orange, ah ! vous venez salir mon bureau...”. Ce genre de propos doit être aboli et nous devons pouvoir nous désaltérer normalement.
6. Congés de maladie, congés de maternité, congés annuels, jours fériés, heures supplémentaires payés double, pension, boni, gants, cache-nez, uniformes, tabliers, bottes, couteaux, tenue imperméable en caoutchouc pour le préposé au bassin... tout ceci doit être respecté selon la loi et l’usage. Et quand un ouvrier de l’usine trépasse, la direction doit verser à sa famille l’équivalent de sa pension afin qu’elle puisse faire face aux frais d’enterrement décemment.
7. Depuis le moment de la grande compression, le travail est réalisé par un petit nombre de personnes, ainsi en saison, nous travaillons tard, parfois jusque dans la nuit, et quand nous demandons à partir, on nous répond que non, il faut rester jusqu’à ce que le dernier camion soit terminé, rien ne doit rester pour le lendemain. Nous disons par conséquent qu’en ces moments, la direction doit nous payer les heures supplémentaires correctement.
8. Et nous demandons qu’une personne soit affectée au contrôle des oranges individuelles qui peuvent tomber dans le bassin et ainsi déranger le moulin, pour qu’on puisse arrêter de reprocher cela aux ouvrières.
9. La Direction doit respecter le Syndicat en tant que représentant de tous les ouvriers et ouvrières de l’usine. Par exemple, dès qu’un travailleur a un problème à l’usine, la direction doit consulter le Syndicat sur cette question. Dès que le syndicat demande de se réunir avec la direction au sujet d’un problème, elle doit le rencontrer. Et quand un camarade meurt au travail, la direction doit nous consulter pour déterminer son remplacement.
10. Règlements Intérieurs et Convention Collective devraient être élaborés avec la participation des ouvriers de l’établissement, particulièrement le Syndicat qui nous représente tous.
ABAS L’EXPLOITATION!
VIVE NOTRE SYNDICAT!
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