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SCANDALE AUTOUR « DES CAMPAGNES DE VACCINATION » ENTREPRISES PENDANT LES MOIS DE MARS ET D’AVRIL PAR LE GROUPE CODEVI DANS LA ZONE FRANCHE DE OUANAMINTHE

PRISE DE POSITION DE L’UMHA

PREMIÈRE PARTIE


OUANAMINTHE, JUILLET 2004


PLAN

A- INTRODUCTION

B- MISE EN CONTEXTE

C- COMMENT AVONS-NOUS PROCEDE ?

D- ETAT DES LIEUX

  1. De la Zone Franche
  2. Les Faits

F- RECOMMANDATIONS

G-CONCLUSION

H-ANNEXE


A- But de l’enquête

Alertée par l’organisation Batay Ouvriye et d’autres secteurs de la population, l’UNION DES MEDECINS HAITIENS avait décidé de conduire une enquête sur l’état de santé des travailleurs de la zone franche à la frontière Haïtiano-dominicaine à Ouanaminthe suite aux campagnes de vaccination menées par la clinique de la zone franche : « Clinica CODEVI ». A la suite de ces campagnes plusieurs ouvriers disent avoir présenté des troubles de la menstruation, perturbations sexuelles et des menaces d’avortements et même des avortements. Selon nombre d’entre eux la vaccination contre le tétanos toxoïde serait un prétexte pour les contraindre à la stérilisation.

Pour faire la lumière sur cette situation singulière l’UMHA a mis sur pied une commission de trois membres constituée de :

  • Dr Iresmick SAMPEUR Obstétricien / Gynécologue

  • Dr Cherro GERMEIL Interniste

  • Dr Armel DEMORCY Chirurgien / Médecin légiste



B- Mise en contexte

La commission arrive à Ouanaminthe commune du département du nord-est dans un contexte de crise née de la création de la zone franche CODEVI suite à un accord entre les gouvernements haïtien et dominicain.

La zone franche CODEVI est une industrie textile d’assemblage créée par le groupe M, un consortium dominicain dans le cadre de l’établissement de fonds de financement de projets à partir de la reconversion de la dette de ces deux pays envers les bailleurs de fonds bilatéraux, notamment les Etats -Unis.

Selon cet accord cette entreprise devrait constituer le premier maillon d’une chaîne de zones franches qui devraient s’étendre le long de la frontière. La pose de la première pierre réalisée le 8 avril 2002 va susciter et suscite encore une série de contestations au sein de la classe politique et de certaines organisations de la société civile. Ces prises de position visaient à dénoncer l’initiative du gouvernement Lavalas qui finalement engage l’intégrité d’une partie du territoire sans la moindre consultation au préalable.

La question d’installation de la zone franche dans une zone fertile constituait un élément de plus de ce contentieux.

Sur ce fond de crise motivée par des sensibilités d’ordre patriotique et politique vont se greffer les premières manifestations du dysfonctionnement de ce système : conflit d’intérêt entre patron et syndicat ouvrier.

En effet depuis la formation du syndicat des ouvriers de la zone franche CODEVI au mois de février 2004, les revendications d’abord individuelles et isolées prennent une allure plus organisée.

Les rapports entre administration de Codevi et ouvriers se détériorent rapidement surtout après les vagues de licenciements des ouvriers particulièrement les syndiqués soldées par d’abord l’intervention brutale et humiliante des militaires dominicains sur le territoire Haïtien puis de l’ « Armée Rebelle ».

C’est au cours de cette période l’administration décida de mettre sur pied la première campagne de vaccination.

Ainsi la commission dut travailler dans une ambiance de méfiance :

D’une part des ouvriers sur qui pèsent la menace de licenciement s’ils sont syndiqués et d’autre part des responsables de CODEVI soucieux d’offrir une image clémente et juste de l’entreprise au premier visiteur.


C- COMMENT AVONS-NOUS PROCEDE ?

Les informations ont été recueillies à partir :

- de différentes entrevues tenues avec : des ouvriers (syndiqués ou non ), un responsable sanitaire de l’institution, des médecins de la clinique de la Zone Franche , des témoins privilégiés: des médecins du département du Nord-est (Institutions publiques ou privées), une religieuse dont la congrégation assiste les travailleurs, le curé de la paroisse.

- Des dossiers des ouvriers présentant un malaise ou une maladie motivant une consultation soit dans une institution publique, soit privée, ou à la clinique de la zone franche

- Visite de la zone franche et des institutions sanitaires de la région

La sélection des intervenants a été réalisée sur la base de leur disponibilité et leur intérêt à participer à l’enquête, le séjour des membres de la commission ne se limitant qu’à seulement deux jours.


Des questionnaires ont été préparés de façon à soumettre aux mêmes questions les individus d’une même catégorie socioprofessionnelle

Avec les ouvriers l’entretien s’est porté sur les points suivants :

  • Identité
  • Origine
  • Date des campagnes de vaccination
  • Forme de présentation des substances injectées
  • Antécédents médicaux chirurgicaux, obstétrico-gynécologique et/ou urologiques
  • Symptômes après les injections
  • Date d’apparition de ces symptômes
  • Evolution et/ou complications

Avec le Personnel Soignant l’entrevue s’est limitée aux points suivants :

  • Identité
  • Origine
  • Date des campagnes de vaccination
  • Objectif des campagnes de vaccination
  • Forme de présentation des substances injectées
  • Nombre de patient consulté après ces campagnes et pour quels motifs
  • Certificat médical


Ces informations recueillies ont été comparées aux opinions enregistrées auprès des témoins privilégiés de la région.


D-ETAT DES LIEUX

D1- LA CLINICA CODEVI

Au plan sanitaire la zone franche dispose d’une clinique « Clinica de CODEVI » dirigée par un médecin haïtien qui sera remplacé 3 à 4 jours après la deuxième campagne de vaccination par un médecin dominicain pour des raisons jusqu’ici assez troubles.

Le médecin est assisté d’une infirmière (de nationalité dominicaine) de deux auxiliaires (de nationalité Haïtienne).

La clinique reçoit les cas de santé mineurs et délivre au besoin des certificats médicaux.

La clinique n’a aucun rapport administratif formel avec le système sanitaire haïtien. Elle dépendrait directement des structures sanitaires du bureau central du groupe M à Santiago.

Aucune assistance sanitaire des ouvriers par le Ministère des Affaires Sociales bien que l’ONA prélèverait sur chaque ouvrier une contribution à la fin de chaque semaine.

Les malades dont leurs cas nécessiteraient une consultation spécialisée ou une hospitalisation doivent eux-mêmes faire face aux coûts. Ils doivent dans ces conditions avoir recours aux services soit d’une institution sanitaire publique ou privé du département soit d’une institution sanitaire de la république dominicaine.


D2-Les Faits

Des entretiens avec les différents secteurs concernés par cette problématique vaccinale, on ne pourrait souligner qu’une chose, c’est le caractère contradictoire des points de vue et des différentes positions affirmées par des différents groupes. De cet état d’esprit il s’avère très difficile d’établir les faits voire de dégager leur véracité. La question à savoir : Est-ce qu’il y a vraiment eu des campagnes de Vaccination ? Qui paraît être la plus simple à répondre aux yeux du commun des mortels, semble nécessitée toute une gymnastique intellectuelle pour susciter une réponse.

Avant de relater le point de vue des différents secteurs consultés sur cette question, essayons de souligner le contexte dans lequel ont eu lieu ces dites campagnes de vaccination.

1°) La compagnie a ouvert ses portes au mois d’août 2003, malgré l’opposition de la population de Ouanaminthe et d’autres secteurs avisés de la population haïtienne. Peu de temps après l’ouverture, la direction de la compagnie devrait faire face aux revendications des ouvriers sur la question salariale et les conditions de fonctionnement. Des ouvriers sont révoqués en masse et le malaise entre patrons et ouvriers devenait chaque jour plus évident au moment même de ces dites campagnes de vaccination

2°) Le pays traversait une crise politique assez singulière après le départ d’Aristide du pouvoir. On venait juste de mettre en place les bases d’un nouveau gouvernement. L’Etat haïtien n’était pas opérationnel .On vivait une situation quasi chaotique.

Et c’est dans ce contexte singulier que la direction de l’entreprise a choisi de “vacciner” leurs ouvriers.

Est-ce qu’il y a vraiment eu des campagnes de vaccination ?

On sait que toute campagne de vaccination de masse nécessite au préalable le respect des conditions ou procédures suivantes

1°) L’autorisation du Ministère de la santé publique et de la population.

2°) Une Campagne de sensibilisation et de motivation des personnes à vacciner.

3°) La date des opérations.

4°) La nature de la substance ou des produits utilisés.

5°) Une carte de vaccination.


1°) De l’autorisation du Ministère de la Santé Publique et de la Population :

Toutes les personnes et les secteurs interrogées (Les Travailleurs, les Médecins de Ouanaminthe, les responsables de la clinique CODEVI) sont unanimes à reconnaître que la Clinique CODEVI n’avait pas l’autorisation du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) pour entreprendre ces campagnes de “vaccination” et d’ailleurs, il n’existe aucune relation aucune entre la Clinique CODEVI et le MSPP. Le représentant direct du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le Nord-Est, Le Dr Jean-Denis, aurait été touché de la question environ deux mois après les opérations. Et pourtant dans cette situation chaotique, la clinique de la zone franche, ne pouvait absolument avoir l’autorisation du MSPP, car le Ministère était quasi dysfonctionnel.

Dans ce contexte où les ouvriers et la direction de la compagnie étaient à couteau tiré, le contrôle de ces activités “vaccinales” par un représentant du Ministère de la Santé ou un représentant du Ministère des affaires sociales aurait été très nécessaire. Cette simple précaution, si elle était consciemment prise, permettrait d’éclaircir beaucoup de points obscurs. La question qu’on se pose, est-ce que les responsables de la clinique CODEVI ont choisi consciemment de se dérober à tout contrôle des autorités médico-sanitaires haïtiennes pour avoir les coudées franches afin de se servir d’ouvriers sans défense comme espèces d’expérimentation ?

2°) De la Campagne de sensibilisation et de motivation des ouvriers à se faire vacciner

Cette campagne de vaccination nécessiterait au préalable une campagne de sensibilisation et de motivation des ouvriers en leur expliquant le mobile de cette vaccination, les procédures et l’intérêt qu’ils ont à se faire vacciner. Sur cette question, les points de vue des travailleurs, des responsables de la clinique CODEVI et des médecins de Ouanaminthe diffèrent.

Le Dr Alejandra Anido, responsable de développement et des Ressources humaines du Groupe M, responsable des activités de la clinique CODEVI, nous a souligné que la clinique avait entrepris une campagne de sensibilisation des ouvriers une semaine ou deux avant les opérations. Le Dr Claude Joazard, un Médecin haïtien qui travaillait à l’époque à la clinique Zone Franche, était chargé de cette campagne de vaccination et de motivation des ouvriers.

Le docteur Anido a précisé que cette campagne a bien eu lieu.

Le Dr Claude Joazard, auditionné sur ce problème, nous a déclaré qu’il était bien au courant de la campagne de vaccination et nous a précisé qu’il était effectivement chargé de la sensibilisation des ouvriers. D’ailleurs il y a lui-même participé activement, étant allé personnellement vers les femmes enceintes pour les porter à se faire vacciner. Une campagne de sensibilisation était bien faite avant la vaccination selon lui.

Les autres médecins consultés à Fort-Liberté et à Ouanaminthe étaient au courant de cette campagne de vaccination par la course des informations après l’apparition des troubles médicaux chez les ouvriers ou en recevant ces victimes en consultation à leurs cabinets médicaux.

Les religieux et les autres notables interrogés sur cette question n’étaient pas non plus au courant de ces campagnes de vaccination. Ils en étaient au courant seulement quand les ouvriers commençaient à présenter des problèmes médicaux.

Les travailleurs auditionnés ne sont nullement des avis des Docteurs Joazard et d’Anido. Ils sont tous unanimes à reconnaître qu’il n’étaient pas touchés de la question, qu’ils étaient au courant de cette campagne de “vaccination” le jour même de la première opération “vaccinale”. Ils étaient de préférence contraints à se faire vacciner sous peine de se faire révoquer s’ils refusaient de participer à ces campagnes. Il n’y avait absolument aucune campagne de sensibilisation ni de motivation et d’ailleurs, les ouvrières se rappellent du contenu de leurs rares entrevues avec le Docteur Claude Joazard qui indiquait aux femmes la manière de se nettoyer, comment se laver les régions axillaires pour qu’elles ne dégagent pas de mauvaises odeurs. Il n’était jamais question de sensibilisation ni de motivation pour une quelconque campagne de vaccination.

3°) De la date des opérations

On ne comprend pas trop les différents sur cette simple question. Pourquoi, on ne peut pas avoir un consensus entre les différents protagonistes sur ce point qui paraît simple, banal. Pourquoi d’un coté, on a voulu occulter la vérité sur les dates des campagnes de vaccination.

Selon le Dr Anido Alejandra, représentante de la clinique CODEVI, la première campagne de vaccination a eu lieu le 15/04/2004, ils ont vacciné 690 personnes dont 372 femmes et 318 hommes. La deuxième campagne de vaccination a eu lieu le 19 Mai 2004, 350 personnes ont été vaccinées dont 179 femmes et 171 hommes.

Pour les ouvriers victimes de ces campagnes de vaccination, la première campagne d’injection a eu lieu au mois de Mars 2004. La deuxième campagne d’injection a eu lieu le 19 Avril 2004. Ils sont fermes sur ce point: il n’y a pas eu de campagne de vaccination au mois de mai 2004. Ils ont donné différents points de repère chronologiques pour étayer leur point de vue.

Le Dr Claude Joazard, sur ce point n’a pas tergiversé, s’il ne se souvient pas exactement de la date de la première campagne de vaccination à laquelle il avait pris une part active, il reste convaincu qu’il n’y pas eu de campagne de vaccination le 15 mai 2004. A cette date, il n’était plus Médecin à la clinique CODEVI. Lorsqu’on avait réalisé la deuxième campagne de vaccination, il n’y avait pris part mais il était encore Médecin-Employé de la clinique CODEVI. Ce jour, il était affecté à la consultation et non à la vaccination.

Quel intérêt on a à la dissimulation des dates réelles de ces campagnes de vaccination?

Il faut souligner que les troubles majeurs ont commencé à faire leur apparition environ 2 semaines après la deuxième campagne de vaccination, surtout les cas d’avortement, de mort in utero, et de menace d’avortement. Les cas documentés avec une sonographie pelvienne ou un dossier médical plus ou moins bien montés l’ont été avant le 15 mai. Si la deuxième campagne de vaccination a eu lieu le 15 Mai et non le 19 Avril 2004, il n’y aurait aucun rapport entre le Vaccin et ses troubles majeurs. Donc la clinique CODEVI n’aurait pas une trop grande responsabilité dans cette tragédie. Si au contraire, la deuxième campagne de vaccination a eu lieu le 19 Avril 2004, on pourrait aisément établir le rapport entre la deuxième campagne de vaccination et les troubles majeurs développés par les ouvriers et la responsabilité de la clinique CODEVI dans une telle tragédie.

4°) De la nature du vaccin ou des produits utilisés.

C’est la question la plus mystérieuse et la plus épineuse de toute cette histoire. C’est le point de divergence le plus marqué entre les différents protagonistes.

Pour le Dr Anido Alejandra, ils ont entrepris une campagne de vaccination contre le Tétanos pour la santé des travailleurs et les besoins de la compagnie. Les travailleurs utilisent des machines pour la confection des habits. Ils peuvent facilement se piquer et contacter par la suite le tétanos, une pathologie mortelle. C’est la raison pour laquelle qu’ils ont entrepris ces campagnes de vaccination pour immuniser les travailleurs afin de les protéger contre cette maladie très grave. Pour cela, ils ont utilisé le Tétanos Toxoïde, recommandé par l’organisation mondiale de la Santé (OMS). Le Vaccin se présente sous forme d’un flacon de 5cc contenant une substance transparente. Son administration ne nécessite pas de mélange. Le Dr Anido n’arrive pas à comprendre pourquoi les travailleurs se disent présenter des troubles pathologiques à la suite de l’administration de ces vaccins. Lorsqu’on lui avait demandé un à examiner un échantillon, le Dr Anido nous a déclaré qu’il fallait se rendre jusqu’à Santiago pour en avoir un. Pour le respect de la Chaîne de froid, les vaccins sont stockés à Santiago, car à la clinique CODEVI, les critères de stockage ne sont pas respectés.

Le point de vue du Dr Joazard est quasi similaire à celui du Dr Anido sur cette question. Il a souligné qu’il avait pris une part active à la première campagne de vaccination. Il participait également à l’administration du vaccin. Il avait vérifié les échantillons, la date d’expiration des vaccins, il ne se souvenait pas trop de la couleur du contenu des flacons, pour lui, il s’agissait bien de tétanos toxoïde. Il se souvenait également du mélange effectué à partir de deux flacons par le biais d’une seringue à insuline avant l’injection finale. Il n’avait pas pris part à la deuxième campagne de vaccination. Il ne voit pas pour quelle raison on aurait utilisé un produit autre que le tétanos toxoïde. A la question est-ce qu’il avait vérifié les échantillons lors de la deuxième campagne de vaccination dont il avait été écarté ? Il a souligné qu’il n’avait pas été écarté des opérations, il a été tout simplement affecté à la salle de consultation des malades et il n’avait aucune raison au monde de vérifier les échantillons des produits puisqu’il savait déjà qu’on allait administrer du Tétanos Toxoïde.

Les travailleurs victimes de ces campagnes de vaccination semblent être d’un autre avis. Certains ont précisé qu’ils n’avaient pas vérifié la nature des substances, ils avaient eu peur, ils se fermaient les yeux en se faisant piquer. D’autres ont souligné qu’ils ne sont des expert ni en biochimie, ils ne sont non plus des médecins, une chose dont ils sont surs, on leur avait injecté un mélange de deux substances : l’une blanchâtre, laiteuse en apparence, l’autre transparente. C’est avec le développement des troubles médicaux qu’ils ont pensé de manière rétrospective à l’injection de substances abortives ou stérilisantes. Ils pensent avoir reçu du Dépoprovera.

Effectivement, le vaccin tétanos toxoïde est un vaccin sans trop grande innocuité qui peut–être administré à tous les âges, à tous les groupes d’individus : Hommes ou Femmes enceintes ou non, sauf chez les personnes qui ont une sensibilité connue ou un terrain allergique à ce produit. L’idée d’entreprendre des campagnes de vaccination pour protéger les travailleurs contre cette grave maladie reste louable. S’agît-il vraiment du mobile réel et du véritable objectif de la direction de CODEVI à travers ces campagnes de vaccination ? A-t-on vraiment utilisé du tétanos toxoïde au cours de ces campagnes de vaccination ?

Remarquons que si les points de vue des Docteurs Anido et Joazard se rencontrent sur la nature de la dénomination de la substance mais ils divergent sur la présentation.

Si le Tétanos toxoïde a été le seul produit utilisé au cours de ses campagnes de vaccination, il demeure curieux de dénombrer autant de cas à la même époque dans une population d’ouvriers aussi restreinte.


Conclusion

Initialement la commission s’est donnée comme mission de répondre aux questions suivantes :

Quel a été le but réel de cette campagne de vaccination ?

La nature exacte du ou des produits injectés ?

Les effets secondaires de ces produits ?

Les plaintes des victimes sont elles fondées et réelles ?

Les liens de causalité entre les complaintes des victimes et les produits administrés.

A l’issue de cette mission, grande est la frustration de la commission de ne pas pouvoir toujours répondre de manière exhaustive à chacune de ces interrogations.

Cependant à partir des témoignages et visite des lieux, consultation des dossiers la commission a pu constater les faits suivants:

1- Il existe une clinique à la zone franche de CODEVI pour les ouvriers, dont le fonctionnement est régi uniquement par les institutions sanitaires de la République Dominicaine sans aucun rapport, voire un certain contrôle du MSPP ou du Ministère des Affaires Sociales.

2- Tous les ouvriers ainsi que le médecin (Dr Joazard) de la clinique CODEVI affirment à l’unanimité que les campagnes de vaccination ont lieu aux mois de mars et avril 2004, contrairement au calendrier fourni par le responsable de la clinique CODEVI.

3- L’absence d’un carnet de vaccination précisant la date, la dose et la nature du vaccin administré.

4- La plupart des complaintes des ouvriers portent sur les organes génitaux et apparaissent entre une semaine à un mois après la deuxième campagne de vaccination.

5-A coté du tétanos Toxoïde qu’on a pensé avoir été administré dans la grande majorité des cas, il faut accentuer les recherches pour éliminer l’utilisation de substances à visée abortive, contraceptive voire stérilisante au cours de ces campagnes de vaccination (les prostaglandines).


RECOMMANDATIONS

1-Urgente nécessité pour l’Etat haïtien via le Ministère de la Santé Publique et de la Population de se manifester et d’assumer ses responsabilités pour faire luire la lumière sur les points suivants:

@- les objectifs réels et les modalités de ces campagnes de vaccinations

@- nature exacte des produits utilisés au cours de ces campagnes. Les tests immunologiques et la chromatographie seraient indiqués dans ces conditions vu les délais de ces injections.

2- Nécessité de contrôle et de renforcement des services sanitaires fournis aux ouvriers par le MSPP et le Ministère des affaires Sociales.


3- Assistance psychologique aux ouvriers présentant des complaintes à l’issu de ces campagnes de vaccination.

4- Mise en place d’un plan de surveillance à moyen et à long terme de l’état de santé des ouvriers présentant des troubles qui seraient liés aux campagnes de vaccinations.

DOSSIER ZONE FRANCHE CODEVI OUANAMINTHE

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