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RÉPRESSION 2000 - Deuxième dénonciation
Depuis un certain temps, une vague de répression et de terreur se développe en Haïti. Même quand elle frappe les politiciens qui se trouvent en face de la Famille Lavalas à partir du « processus électoral » contesté, sa véritable cible est la force à laquelle le régime devra faire face sérieusement, dans sa dynamique d'installation à la tête de l'Etat, dans le cadre de son effort pour rétablir l'hégémonie d'une bourgeoisie bureaucratique rétrograde. Ce rétablissement exige la mise en coupe des travailleurs. Et c'est là qu'il devient nécessaire de frapper fort sur les organisations de travailleurs, les empêcher de se développer, les anéantir. Il est clair que cela se fait dans l'intérêt des classes dominantes et des impérialistes, quelles que soient les formes qu'adoptent les contradictions à 'intérieur des pratiques politiques actuelles. C'est un autre projet anti-peuple qui se développe.
- Dans ce contexte, le régime Lavalas a décidé d'attaquer BATAY OUVRIYE. Même si cette attaque ne s'est pas encore généralisée sous forme de démantèlement à travers tout le pays, elle est très forte dans certaines zones où ils estiment l'enjeu suffisamment important dès à présent. Attaquer les travailleurs, les organisations de travailleurs, c'est en fait continuer l'oeuvre que poursuit l'Etat Haïtien dans l'intérêt des classes dominantes et des impérialistes de tous temps. Une conscience de ce fait permet de comprendre ce qui se passe. Mais il faut dire que Lavalas emploie les mêmes formes utilisées par les macoutes depuis longtemps (ce qui n'étonne guère) et dans plusieurs zones ils utilisent les mêmes agents, en particulier des zenglendo connus et des anciens membres du FRAPH. Au mois de juin, BATAY OUVRIYE avait fait paraître une note à ce sujet. Elle couvrait diverses pratiques de répression et de terreur Lavalas dans le Plateau Central, l'Artibonite et le Nord Ouest. Mais nous voudrions attirer l'attention sur le fait qu'il ne s'agissait pas de simples incidents. Non seulement elles avaient lieu dans diverses localités, mais elles ont continué tout au cours du mois de juillet. A la fin de juillet, nous pouvons dire que la situation est devenue plus corsée dans ces mêmes régions.
- Au Plateau Central : L'offensive Lavalas se poursuit. Le jeudi 6 juillet au matin, un commando comprenant le commissaire de police de Belladère, Pierre Tony Jacques et deux autres policiers, avec, en plus, quatre membres du parti Famille Lavalas (Israel Jean, deuxième membre KASEC section Riarible - Belladère -Manet Eustache, Jean-Robert Monbayard et Sonèl ainsi connu -) débarquaient chez Wilner Fondechène, un responsable de BATAY OUVRIYE. Ne l'ayant pas trouvé, ils mirent à sac la maison. Après y avoir déposé un tract dont personne n'était au courant, ils déclaraient l'y avoir trouvé. Ils saisissaient ensuite quatre photos de Wilner pour pouvoir le surveiller partout dans la commune afin de l'arrêter. De fortes pressions ont été exercées sur sa femme (qui allaite un enfant en bas âge). Guzman Pierre, qui se trouvait dans la maison, a été battu à coups de crosse de fusil. Tout ceci se faisait sans la présence d'un juge de paix. Ce même jour, à 8:30 p.m., ils revenaient : commissaire, d'autres policiers, ainsi que des hommes travaillant pour le CNE, cet organisme d'Etat qui répare les routes de la zone. Tous étaient lourdement armés. Les quatre membres de la Famille Lavalas étaient aussi présents, mais cette fois-ci accompagnés du député « élu » Levy JOSEPH. Ce dernier, mégaphone en main, demandait aux personnes qu'ils étaient venus terroriser, qu'ils étaient venus battre, de crier « Vive Aristide pour 50 ans». A coups de crosse de fusils, ils battaient quatre personnes qui se trouvaient dans la maison. Ils brisaient la main de l'une d'entre elles en lui marchant dessus avec leurs bottes. Ils écrasaient la hanche d'une autre à coups de crosse de fusils et de bottes. Parmi ces quatre personnes, se trouvaient trois membres de BATAY OUVRIYE, qu'ils ont, au sol, piétiné à la taille. Et, tandis qu'ils malmenaient tout ce monde, ils parlaient aussi, signifiant très clairement que BATAY OUVRIYE ne devait plus se mêler d'alphabétisation, qu'où donc trouvaient-ils la capacité? Seul le gouvernement la possédait. Ils indiquaient que l'organisation ne devait plus se réunir dans la zone, qu'ils étaient disposés à l'anéantir, annonçant ainsi une répression qui irait, selon eux, en augmentant. Quand les gens de la localité ont commencé à réagir, ils s'enfuirent. Mais tout au cours de cette opération, ils utilisaient la voiture de l'Hopital la Nativité de Belladères. Après ces actes, les menaces de mort ont augmenté et d'importantes distributions d'armes ont eu lieu. Des matériels de communication ont aussi été distribué, pour, au cas où ils tomberaient sur deux membres précis de BATAY OUVRIYE , pouvoir les arrêter avec l'aide de la police. Globalement, la tension reste vive dans cette localité.
- A St Michel de L'Attalaye : Le cas de l'assassinat de Wilnor Bonplan revêt toujours une grande signification pour nos membres. On se rappellera que Dilouis Damas, membre du parti Famille Lavalas, responsable de l'ASEC de la section communale de l'Attalaye, avait tué Wilnor de sang froid. Bien que l'instruction de l'affaire ait commencé au tribunal et que Dilouis Damas se soit un peu dissimulé, l'impunité continue à se manifester. Ils ont essayé de faire que le cartel ASEC qu'il dirige (qui aurait du être dissout après l'ampleur du crime commis par eux) prête serment malgré tout et ils manoeuvrent pour bloquer la poursuite de la justice et plusieurs des membres de la famille Lavalas récemment « élus » Casec/Asec font des menaces sérieuses sur ces deux membres de BATAY OUVRIYE, Urbain Garçon et Pépé. Ils ont déjà tenu plusieurs réunions pour planifier d'autres agressions incluant l'assassinat.
- Au Plateau Zéphir, à Anse Rouge : Des personnes se réclamant de la Famille Lavalas dans cette zone, continuent à exercer une forte répression accompagnée de menaces de mort pour empêcher les réunions de Batay Ouvriye. Et des promesses d'assassinat continuent de planer sur un responsable de Batay Ouvriye.
- Au Môle St. Nicolas et à Bombardopolis, la même situation encore. Des menaces de mort planent aussi sur les responsables de Batay Ouvriye. Déjà la maison de l'un d'entre eux à été complètement brûlée et il a été dit que toute réunion sera empêchée.
- A l'Arcahaie, des personnes liées à la Famille Lavalas intensifient leur enquête sur Batay Ouvriye comme organisation véhiculant les revendications des zones, permettant de définir les actions à mener à partir d'elles.
Voici donc quelques aspects qui s'inscrivent dans le développement de la situation. A partir de la première note que nous avions fait circuler, certains ont voulu savoir si les personnes responsables de ces actes de répression étaient de la Famille Lavalas. Nous leur répondons que nous avions identifié plusieurs d'entre-eux avec noms et responsabilités au sein de l'Etat. Mais tous sont des responsables politiques régionaux du parti Famille Lavalas à différents niveaux.
La situation demeure très antagonique. La tension est vive. Batay Ouvriye informe qu'elle demeure ferme sur ses positions et son orientation. Ainsi, nos pratiques continuent d'avancer dans le cadre du développement de la lutte autonome des travailleurs et, actuellement, la lutte pour préserver les acquis des travailleurs et les élargir. Mais pour nous de BATAY OUVRIYE ceci demande une très grande résistance.
Nous devons tous comprendre très clairement qu'il s'agit là d'un projet réactionnaire anti-peuple qui se développe et qui est dirigé par la Famille Lavalas à travers le pays. Nous le dénonçons et alertons l'opinion publique nationale et internationale sur ces attaques opérées conjointement par diverses branches de l'Etat.
PRENONS TOUS NOS RESPONSABILITÉS !
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